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Les gens reconnaissent l’importance de défendre les emplois des métiers spécialisés à travers les crises économiques

OTTAWA – Dans l’ombre d’une nouvelle guerre commerciale avec les États-Unis et d’une insécurité économique croissante, Protéger les emplois dans un contexte de guerre commerciale : perspectives canadiennes sur le travail, la sécurité et la confiance économique, un nouveau rapport de l’Institut Broadbent et de la Fondation Friedrich-Ebert Canada, dresse un portrait actuel de la façon dont les Canadiennes et les Canadiens comprennent leur situation économique, leurs perceptions des emplois et du travail, ainsi que leurs espoirs pour l’avenir.

Fondé sur une recherche originale menée à l’échelle nationale en janvier 2026, ce rapport révèle un pays divisé par la génération et la classe sociale : les jeunes travailleuses et travailleurs sont pessimistes mais ouverts à des interventions ambitieuses, tandis que les Canadiennes et Canadiens plus âgés sont plus optimistes, mais davantage sceptiques à l’égard des solutions gouvernementales.

Les Canadiennes et les Canadiens veulent la protection des emplois, de meilleurs salaires et des investissements dans les soins, le logement et les métiers spécialisés — mais doutent que les stratégies actuelles de croissance économique puissent améliorer leur vie. Les syndicats sont largement perçus comme les défenseurs les plus crédibles des emplois; les politiciennes et politiciens, beaucoup moins.

Principales constatations

La croissance économique projetée ne répond pas aux besoins de tout le monde. La plupart des Canadiens ne pensent pas que la croissance économique visée dans les plans du premier ministre Carney changera la situation financière de leur ménage.

Les points de vue différents des générations ont leur importance. Les jeunes travailleurs sont pessimistes mais ouverts à l’intervention de l’État. Les électeurs plus âgés voient quant à eux des jours meilleurs se profiler à l’horizon mais ils sont sceptiques face aux solutions mises de l’avant par le gouvernement.

Le travail n’a pas uniquement pour but de gagner de l’argent, mais le salaire compte. Les Canadiens considèrent que le travail permet à la fois de gagner sa vie et d’apporter sa contribution à la société, mais pour l’heure, un « bon emploi » est un emploi bien rémunéré.

Les syndicats sont perçus comme protégeant les emplois, ce qui n’est pas le cas des politiciens. L’adhésion à un syndicat est associée à un sentiment de sécurité économique, tandis que les politiciens sont généralement perçus comme étant les grands absents en période de crise économique à l’échelle locale.

Les politiques pragmatiques sont celles qui trouvent actuellement l’écho le plus favorable. Les Canadiens sont généralement en faveur de l’intervention du gouvernement pour protéger les emplois, en créer de nouveaux et assurer la sécurité économique, mais ils doutent de la capacité du gouvernement de tenir ses promesses.

En ce qui concerne ce que devrait être un programme de création d’emplois, les personnes sondées priorisent les emplois dans l’économie des soins, les métiers spécialisés et le secteur du logement. En combinant les trois premiers choix, 46 % des répondantes et répondants placent la santé et les soins aux aîné·es en priorité, 42 % priorisent les métiers spécialisés et 39 % la construction de logements. L’augmentation du salaire minimum et l’amélioration de l’équilibre travail-vie personnelle arrivent à égalité comme principales priorités des travailleuses et travailleurs, à 37 % chacune.


Sans un plan clair pour renforcer les secteurs que les Canadiennes et les Canadiens jugent essentiels — notamment les soins de santé et les services sociaux — et sans mesures visibles pour protéger les travailleuses et travailleurs des répercussions de la guerre commerciale, la confiance dans la gestion économique du gouvernement fédéral risque de continuer à s’éroder. La croissance à elle seule ne suffit pas; les Canadiennes et les Canadiens doivent pouvoir voir comment cette croissance se traduit en sécurité concrète.

Pour les décideuses et décideurs sociaux-démocrates, les syndicats et les leaders de la société civile, cette recherche met en lumière l’écart entre les ambitions macroéconomiques et la sécurité des ménages — et ouvre la voie à des politiques concrètes, centrées sur les travailleuses et travailleurs, capables de rebâtir la confiance et de défendre de bons emplois dans un contexte d’incertitude.